Organisée dans le cadre de la clôture du Hackathon 2026 par l’esede et la HEP Vaud, cette table ronde a permis de valoriser les projets des étudiant.es tout en ouvrant un dialogue entre les acteur.trices du terrain, de la formation, de la recherche, des institutions et des politiques publiques.
Des projets lauréats ancrés dans le terrain
Les quatre groupes lauréats du Hackathon ont présenté leurs projets développés à partir d’immersions dans des structures éducatives et parascolaires, autour d’un même objectif : réfléchir concrètement à la place de l’enfant comme acteur.trice de son environnement.
Groupe 1 : Liberté d’expression et participation des enfants
À partir d’une immersion dans une structure d’accueil, les étudiant.es ont observé combien les enfants ont besoin de pouvoir choisir, participer et être considéré.es comme de véritables acteur.trices du collectif lorsqu’on leur laisse une réelle place.
Le groupe a imaginé plusieurs pistes concrètes :
- des boîtes à idées,
- des espaces de parole,
- des repas plus libres,
- mais aussi un jeu de société « le laboratoire des dilemmes ».
Le jeu de société permet aux enfants d’apprendre à écouter, débattre et réfléchir ensemble. Le jeu s’articule autour de quatre thématiques : expression des émotions, créativité, quotidien et choix collectifs. À travers des cartes et des échanges, les enfants sont amenés à exprimer leurs points de vue et à construire des solutions ensemble.
Groupe 2 : Reconnaître l’enfant comme acteur de son environnement
Le deuxième groupe a questionné la notion d’enfant citoyen comme personne capable de penser, participer et influencer son environnement au quotidien.
Le projet a mis en évidence l’importance :
- de prendre en compte l’avis des enfants dans l’aménagement de leur quotidien,
- de leur permettre d’agir sur l’organisation du temps et des espaces,
- et de développer leur autonomie au quotidien.
Les étudiant.es ont particulièrement insisté sur le rôle de la posture éducative : reconnaître les compétences de l’enfant tout en maintenant un cadre sécurisant sur les plans physique et relationnel.
Le projet a également souligné que ces démarches participatives peuvent être mises en place avec tous les enfants, y compris les plus jeunes.
Groupe 3 : Repenser les espaces et favoriser le vivre-ensemble
Le troisième groupe, après une immersion à l’UAPE de Grand-Vennes, a travaillé sur la manière de favoriser les compétences sociales et citoyennes des enfants à travers l’aménagement des espaces et la posture des adultes.
Les étudiant.es ont observé des espaces parfois peu adaptés aux besoins des enfants et ont imaginé différentes pistes :
- cartographie des lieux par les enfants eux-mêmes afin qu’ils puissent mieux identifier leur pouvoir d’action au sein du quartier.
- accompagnement dans la mise en œuvre des projets initiés par les enfants.
Le groupe a également insisté sur plusieurs leviers essentiels :
- le droit à l’erreur,
- le droit de dire non,
- la reconnaissance des compétences des enfants,
- et la capacité des adultes à laisser les enfants chercher eux-mêmes des solutions.
Le projet a enfin mis en lumière l’importance des collaborations entre professionnel.les des secteurs scolaires, parascolaires et socioculturels.
Groupe 4 : Renforcer les liens entre accueil parascolaire et quartier
Le quatrième groupe a travaillé avec les structures parascolaires des Bergières autour d’un constat : l’importance de renforcer la collaboration entre l’accueil parascolaire et les centres socioculturels.
Les étudiant.es se sont interrogé.es sur la manière de mieux faire vivre ensemble les différents champs professionnels intervenant auprès des enfants.
Leur projet a abouti à la création d’une démarche participative centrée sur l’organisation d’une fête de quartier imaginée avec les enfants.
À travers une chasse au trésor (la fête à organiser !) et différents parcours dans le quartier, les enfants seraient amenés à :
- apprendre à se repérer dans leur environnement,
- développer leur confiance en eux,
- et participer à une dynamique collective.
Le groupe s’est notamment appuyé sur un travail de cartographie pour mettre en évidence les liens – mais aussi le type de collaboration – entre les différents acteurs éducatifs du quartier.
Table ronde : une réflexion collective autour de l’enfant citoyen
Animée par Hélène Courbat (HEP Vaud), la table ronde a réuni plusieurs expert.es du domaine de l’enfance, de l’éducation et des politiques publiques :
- Frédéric Cerchia, Délégué cantonal à l’enfance et à la jeunesse (VD)
- Michele Poretti, Professeur HEP Vaud
- Florence Godoy, Déléguée à l’enfance, Ville de Lausanne
- Claudia Muhlebach, Cheffe domaine parascolaire, Ville de Lausanne
- Malika Schumacher, Directrice APEMS des Falaises (Lausanne)
- Jacqueline Bonvin de Werra, Conseillère pédagogique CREDE (Centre de ressources en éducation de l’enfance).
Les échanges ont permis de faire émerger plusieurs idées fortes :
L’enfant est déjà citoyen aujourd’hui
Les intervenant.es ont rappelé que l’enfant n’est pas seulement un futur citoyen, mais déjà une personne capable de participer à la vie sociale et d’exprimer un point de vue sur son environnement.
Participer ne signifie pas uniquement parler ou décider : écouter, observer ou prendre place dans un groupe fait aussi partie de la participation.
Le défi principal : la posture des adultes
Un thème est revenu tout au long de la soirée : le changement passe avant tout par les adultes eux-mêmes.
Les échanges ont mis en évidence :
- l’importance de faire confiance aux enfants,
- de prendre leur parole en considération,
- d’expliquer ce qui est fait de leurs propositions,
- et d’accepter davantage l’expérimentation et le droit à l’erreur.
Comme l’a souligné le Pr Michele Poretti, « le principal défi, c’est nous et nos certitudes ».
Développer les collaborations entre les milieux éducatifs
Les intervenant.es ont également insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre structures préscolaires, parascolaires, scolaires, acteurs socioculturels et collectivités publiques.
La participation des enfants nécessite des environnements cohérents et une vision partagée entre les professionnel.les.
Une soirée riche en échanges
Par la qualité des projets présentés et la richesse des discussions, cette soirée a illustré l’importance de créer des espaces de dialogue entre les étudiant.es, les professionnel.les, les institutions et le secteur de la formation et de la recherche autour des enjeux éducatifs d’aujourd’hui.
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